Escalade – Grande voie : « Prends moi sec au-dessus du lagon bleu » + « La Droye-moi-la-toi »

entrée grande voie Prends moi sec au-dessus du lagon bleu

Et si on se faisait une journée grande voie ? Mais quand je dis une journée grande voie, c’est une JOURNÉE grande voie ; avec des émotions, de la passion, des peurs, des lieux incroyables, des paysages époustouflants, des dangers… Oui oui oui. C’est la pratique de l’escalade qui me fascine et me fait le plus vibrer.

grande voie Tommy Cladwell
photo : Tommy Caldwell et ?

 

 

Pour ceux qui ne connaissent pas, la grande voie, c’est un enchainement de plusieurs longueurs en escalade, avec des arrêts à des relais qui permettent de grimper de grandes falaises de 300, 400m et même plus ! Certaines se grimpent en plusieurs jours, avec des nuits sur la parois en portaledge >

(Nous n’avons pas fait ça 🙃, la journée suffisait pour les nôtres).

 

 

J’avais déjà raconté ma première grande voie sur le site de Nico Vertical Pirate ICI, celui qui m’avait accompagné et surtout guidé dans cette première découverte et j’en ai par la suite réalisé plusieurs, particulièrement au Cap Canaille (qui garde une grande place dans mon cœur), et un petit bout dans le vide des gorges du Verdon.

 

Ce jour que je vais vous raconter, c’était ma première grande voie à la roche grise (noire et poisseuse également), à la longue marche d’approche, aux rappels mystérieux…
Ce n’était plus la robe orange et confortable du Cap Canaille que je tirais par n’importe quels plis. Non, là, c’était les formes sombres dissimulées de l’aven, c’était les réglettes chaudes du Ponant réchauffées par cette journée à 36°. Nous étions dans les calanques de Marseille.

 

Les Grandes voies :

  • Cette fois-ci, nous sommes donc partis pour le trésor caché des calanques : la grande voie « Prends-moi sec au-dessus du lagon bleu » 100m environ. Elle a la particularité de nous faire grimper dans un aven (« un gouffre naturel creusé par les eaux d’infiltration dans un terrain calcaire »), au dessus d’un lagon.
    Nous avons fait 4 longueurs : D’abord 5c, puis 6a, 5c, 6a selon le topo « Escalade des calanques de 2017 ».

Pour ceux à qui ça ne parle pas, petit tableau explicatif des cotations pour la voie en escalade :

cotations escalade voie

  • Puis nous nous sommes aventurés dans « La Droye-moi-la-toi », ouverte en 1980 par Marc Chevalier, Denis Motin et Georges Robert. Elle est côtée (sur le papier), 6b+, 6b, 6a, 6a. 120m.
    Camp to camp changera un peu les cotations (et je suis complètement d’accord, rien à voir avec celles de l’aven) : en fait c’était plus niveau 6c pour la première, puis 6b+, 6b, 6c. Surpriiise. Le poussin qui se retrouve dans son niveau max en grande voie, quelle bonne idée !

Vidéo :

Petite vidéo d’introduction où je filme la marche d’approche et quelques passages de « Prends moi sec au-dessus du lagon bleu ».

La marche d’approche :

marche d'approche Morgiou grande voie
Et moiii

Il va faire beau…(trop beau, beaucoup trop beau). 36° et nous décidons d’aller grimper face sud…Première bonne idée ! Oui parce que cette journée, nous aurons pris beaucoup de mauvaises décisions je tiens à le dire. 😝 (Mais ça aura rendu l’aventure incroyable et je ne l’aurai pas souhaité différente).

calanques de Morgiou
Pause « baignade »
calanques de Morgiou
tu peux cliquer sur la photo pour mieux voir

Nous arrivons donc de nuit, très tôt afin de passer la barrière des calanques de Morgiou et ne pas nous rajouter une heure de marche (Ou sinon il faut partir de Luminy). Nous allons nous balader dans cette nouvelle calanque que je ne connais pas du tout, nous nous posons sur une petite plage… l’eau est glacée, impossible de se baigner malgré la chaleur (merci le mistral…elle est nulle en fait cette région… 😜). Nous sommes bien, nous avons le temps (nous prenons enfin le temps), le petit déjeuner, et quand le monde commence à arriver, on part pour la grande voie !

En vrai la marche d’approche est incroyable… (non je n’ai pas fait que râler quand on était en plein soleil à faire que monter sous la chaleur… 😝).

Calanques de Morgiou

Nous partons sur la droite des calanques quand nous sommes face à l’horizon : on suit le sentier noir, qui nous fait longer la calanque de Morgiou, c’est magnifique. Mathieu est enthousiaste, il me montre toutes les falaises, tous les spots d’escalade que nous apercevons de plus en plus sur le chemin. Je ne connais pas grand-chose encore des calanques de Marseille (pour ne pas dire presque rien), et je découvre avec intérêt tous ces nouveaux recoins. Incroyable de voir d’aussi loin tous ces secteurs de grimpe connus, de les voir minuscules, ces teintes dans la falaise qui deviennent énormes lorsqu’on s’y trouve.
Un groupe d’oiseau aux longues queues roses passent juste au-dessous de nous, incroyable ! On ne sait absolument pas ce que c’était.

Calanques de Morgiou
Mathieu sur son rocher

On croise le sentier bleu, on continue donc sur celui-ci et ça monte, ça monte, ça monte… Sous une grosse chaleur… et c’est qui qui a oublié sa casquette ?

Calanques marche d'approche grande voie
pause pique nique à l’ombre

Arrivés au sommet du Cancéou, nous nous dirigeons sur la gauche pour aller tout au bout de la falaise ! Magnifique.

Cancéou marche d'approche grande voie
Sommet du Cancéou

On récupère notre sentier et c’est lorsqu’il descend un peu qu’il  y a un petit chemin sur la gauche. (Ça n’a pas l’air d’être souvent emprunté). Et là l’aventure continue. C’est ma première marche d’approche aussi engagée ; on marche sur des petits chemins remplis de cailloux glissants avec le vide juste en dessous, on rase les falaises au bord du précipice (Merci à Mathieu d’avoir fait attention à nous et de nous avoir accrochés dès qu’il le fallait, je me sentais en sécurité même si j’ai trouvé ça assez dangereux parfois).

Petits rappels*, on adore toujours autant. (*rappel = on descend sur la corde dans le vide).

Marche d'approche grande voie calanques

Et puis comme on aime bien marcher et qu’on s’y est limite habitué, on passe à côté de l’aven (notre trésor, donc l’accès à notre grande voie ), sans le remarquer et on continue notre aventure en grimpant une 3c et en avançant sur un chemin encore plus dangereux qui glisse ! Mathieu créé même un relais autour d’une pierre pour pouvoir m’assurer au cas où. Surtout que maintenant il faut faire marche arrière… nous sommes allés trop loin.

Entrée dans le gouffre :

entrée de l'Aven grande voie "Prends moi sec au-dessus du lagon bleu"

NOUS VOILA à l’entrée de l’Aven. En d’autres mots, c’est un assez grand trou… voilà..un gouffre. Pas assez grand pour ne pas avoir l’impression d’entrer dans une simple grotte, et pas trop petit non plus. C’est le premier rappel (ça y est) qui me rend mal à l’aise… Autant j’avais été impressionnée par celui d’Ouvreur de bouse au Cap Canaille et celui de Wide is Love du Verdon qui est à 350m du sol quand même, mais je n’avais pas ressenti la même émotion que ce jour. Je pense que j’avais vraiment au fond une pointe d’appréhension, quelque chose qui ressemblait à de la peur, celle de s’aventurer dans ce gouffre noir sans savoir ce qui m’attendait, entendant seulement les claquements de l’eau déchainée plus bas.

Mathieu descend donc et disparaît en premier. Je l’entends d’une voix lointaine « Sandy c’est magnifique ». Mais c’est à mon tour avec ma petite appréhension et je me lance !

Je descends, contre cette paroi de plus en plus sombre, une petite boule au ventre jusqu’à ce que j’aperçois le fond, ce lagon d’un bleu clair irréel…
C’est une entrée dans un autre monde, je me sens complètement ailleurs. Les larmes me montent, d’émotion, choquée par cette beauté, j’ai du mal à croire que je suis là, qu’un endroit comme ça puisse exister : ce sombre tunnel qui mène au lagon, décoré par les rayons du soleil qui se faufilent à l’entrée dans le but d’éclairer légèrement l’eau turquoise…wouah…

Aven grande voie "prends moi sec au-dessus du lagon bleu"
on dirait pas mais c’est profond !

Aven grande voie "prends moi sec au-dessus du lagon bleu"

Il y a une arche au fond, je dois passer à côté, l’atmosphère et le lieu sont uniques, je me sens comme dans une affiche que j’avais vue et qui m’avait impressionnée pour la promotion d’un évènement de spéléologie :

affiche spéléologie
source : fédération française de spéléologie

Je retrouve Mathieu, je suis contente et vraiment choquée de vivre ça. Des plongeurs surgissent de l’eau soudainement. Et oui la grotte est accessible depuis le large, par l’autre côté, ce qu’on appelle la Porte de Rome. Il faut connaitre car on ne voit rien depuis la mer et il faut plonger pour y accéder. Nous avions bien sûr prévu de s’y aventurer et le masque était de la partie. Je n’y suis pas allée car l’eau était trop violente et froide mais Mathieu a fait plusieurs baignades et a pu goûter au plaisir de plonger dans l’eau claire et passer par la porte de Rome entourée de poissons.

entrée Porte de Rome

Selon ses dires c’était impressionnant de plonger et de se retrouver soudainement de l’autre côté, dans un tout autre endroit : de retour au large de la grande bleu et son grand soleil provençal.

On restera un petit peu avant de se mettre à grimper !

« Prends moi sec au-dessus du lagon bleu »

Je ne sais pas trop quoi penser des premières longueurs. Le côté féérique de la grotte se dissipe car ça devient vraiment « glauque » comme dit Mathieu : le mur est poisseux, noir, on ne sait pas où met les mains, on a peur de tomber sur des bêtes bizarres.  Ce n’est plus du tout la même ambiance. Après l’escalade est agréable, je l’ai trouvé plutôt facile ou en tout cas sans difficultés (pour des personnes dans le 6a confort) et heureusement car les prises sont glissantes (Il ne faut d’ailleurs pas s’aventurer dans cette grande voie après des jours de pluie).

C’est donc Mathieu qui ouvre car on a du mal à distinguer les points et les relais.  Au deuxième relais, nous décidons de faire la traversée à presque 180 degrés pour passer par la 6a et non partir dans une 5c. C’est assez drôle, Mathieu est vraiment juste en face de moi de l’autre côté du vide : nous avons fait le tour de la largeur du tunnel.

Grande voie "Prends moi sec au-dessus du lagon bleu"
Mathieu qui m’assure pour la traversée, de l’autre côté > on voit un peu mieux dans la vidéo

Le premier point de la 6a est difficile à trouver, mais je vois un tout petit passage aussi large que nous (à droite de Mathieu sur la photo) et j’ai trop envie de passer par là car ça a l’air sympa…C’est bien par-là ! Mathieu se bloque dedans, on rigole, c’est la fin de cette première étape, de cette grande voie qui fait tant parler d’elle ! Et je la recommande ! C’est à vivre.

« La Droye-moi-la-toi » :

Mais ce n’est pas fini ! Il faut partir et donc rejoindre une autre grande voie.

Je ne sais pas pourquoi, je ne m’étais pas renseignée et je pensais que la suite serait toujours « prends-moi sec au-dessus du Lagon Bleu » avec juste différentes déclinaisons. Je pensais donc que c’était les mêmes ouvreurs et qu’on allait faire la suite et étant donné que j’avais trouvé les 6a du lagon bleu vraiment faciles,  j’avais envie de me lancer un peu dans du plus dur mais ERREUR. (On ne m’y reprendra pas !). Les grandes voies après l’Aven n’avaient rien à voir, étaient totalement différentes et surtout pas du tout cotées de la même façon.

On décide donc de partir dans « La Droye-moi-la-toi » qui exige un minimum de niveau de 6a (ce qui me paraissait donc raisonnable), à la place de partir dans la « voie de la cheminée du puits » (5b, 5c+,6a, 5b, 5c).
Pour ceux qui ont un niveau comme moi (6b à ce jour (oui parce que ça va  bientôt changer 🤓), allez dans cette dernière si vous êtes un peu fatigués ou si vous souhaitez grimper tranquillou. Par contre si vous avez un peu de temps pour travailler votre voie et bien forcer, vous pouvez tenter « La Droye-moi-la-toi », je pense que ça passe ! 🙂
Et pour ceux comme Mathieu qui sont dans le 7 elle est vraiment top (je l’ai trop aimé quand même…mais moins mes doigts et petits bras 😆). Pour rappel les cotations sont sur le papier 6b+, 6b, 6a, 6a, mais ressemblent plus à du 6c, 6b+, 6b, 6c. (et pas gentil comme au Cap Canaille).

Première longueur : Mathieu passe en forçant un peu mais ça a l’air d’aller même s’il me dit qu’elle est physique et technique. Je ne m’affole pas trop et c’est mon tour !
Et là, en second donc, je suis tirée comme pas possible par Mathieu qui m’assure d’en haut. Ça me saoule vraiment et je grimpe du coup n’importe comment hyper vite, pas du tout dans l’axe de la voie et je me fais déjà mal en forçant sur des minis-prises pas du tout adaptées. Je sens que je ne grimpe pas comme je le souhaite mais ça passe (même si ça m’énerve). Et là, j’arrive AU MOUV DUR. Déjà épuisée par ma grimpe terrible, je n’enchaine pas et surtout, je comprends pourquoi Mathieu faisait que me tirer (je le remercie d’ailleurs intérieurement). Il m’expliquera plus tard qu’après avoir passé la longueur il l’a trouvé dure par rapport à ce qui était annoncé et ne pensait pas que je pourrai la passer ou du moins sans aides. Ce qui était sûrement vrai… Au final ce n’est pas si compliqué, il faut oser, aller chercher les bonnes prises qui sont loin et faut comprendre la voie…ok c’était pas le moment de la travailler.
Moi je sentais aussi qu’il me manquait beaucoup de force (les deux premières longueurs sont bien raides), et de la technique évidemment ; le placement est important pour tenir les petites prises qui se présentent à nous. J’étais également agréablement surprise par le beau calcaire blanc des calanques que je ne connaissais finalement pas beaucoup, et qui me faisait soudainement bien forcer, chose dont je n’ai pas l’habitude (moi je fais de la dalle et du dièdre ok ! 🤓…oui je me trouve des excuses 😝). J’arrive à une petite faille ! ouf ! Quelque chose que je connais ! Je me sens mieux, ça reste bien physique pour moi, quelques pauses et je fini la voie…un peu vidée. Il en reste encore 3 comme ça ?!

Grande voie "La Droye-moi-la-toi"
photo prise sur lespetitsaventuriers.fr (ce n’est pas nous dessus ! Nous n’avons pas pris de photo dans cette grande voie, on était trop en mode survie). (On voit l’entrée de l’aven pas loin du monsieur)

C’est donc la première grande voie que je réalise dans mon niveau max et en galérant un peu sur la grimpe. Ça ajoute un peu de stress à cette ascension car en GV j’ai parfois un peu peur de ne pas être capable de tout finir et d’arriver au sommet. D’autant plus que ce jour-là, nous étions un peu en retard finalement et il fallait faire vite pour pouvoir finir sous le soleil qui commençait déjà à nous rappeler la fin de journée. Il faisait aussi très chaud, ça n’a pas aidé.
Y aura donc quand même des moments où Mathieu m’aidera bien. Je me rappelle même d’une fois où je me suis sentis soulevée par la corde sans même avoir besoin de m’aider de la paroi… je m’étais dit :
« Mais il peut me lever comme ça par la force de ces bras ?! Incroyable ! Que de surprise »….puis « nyanya j’aurais pu le faire toute seule quand même… ».

Et puis je me prépare à partir dans la seconde voie. Je récupère le relais que j’attache derrière mon baudrier et en faisant le mouvement, sans comprendre ce qui se passe, je vois mon réverso, mon cher et tendre réverso (petit appareil qui sert à assurer le grimpeur, à descendre en rappel etc) tomber dans le vide. Quelques minutes avant, nous avions une discussion à un relais avec Mathieu sur la nécessité d’en avoir toujours un deuxième dans le sac au cas où….

Grande voie "La Droye-moi-la-toi"
dans ce genre de vide … (photo prise toujours de l’article de lespetitsaventuriers.fr)

Je l’ai vue tomber dans l’immensité des calanques et j’ai ressenti une petite émotion encore inconnue chez moi, une petite pointe dans la poitrine et une voix qui me disait « ok alors c’est ça la grande voie … »… Je crois que je comprenais enfin pourquoi certaines personnes étaient stressées, pourquoi il y avait un enjeu, des risques, des imprévus à gérer…(Oui pour moi c’était encore la balade 😆). Mais ça y est ce n’était plus uniquement la promenade tranquille en moulinette, c’était aussi la difficulté, aller vite, grimper avant la tombée de la nuit, s’adapter à la perte du matériel, avec la peur, la hauteur et c’était incroyable. Je pense que le fait de voir tomber mes affaires dans le vide m’a aussi un peu conscientisé sur celui-ci. Adieu mon innocence…
(et encore je n’ai pas beaucoup ouvert en tête en grande voie ! là ça sera encore autre chose 😝 (ni de terrain d’av…)).

Le paysage est tout de même magnifique, cette face des calanques donne une impression d’immensité. La partie noire du Cancéou à notre droite est imposante, on est très haut, la grande bleu nous entoure décorée de son ile Riou, sans oublier les calanques qui se prolongent sur notre gauche. Au crépuscule, les couleurs rosées s’accentuent et adoucissent l’ambiance tout en nous rappelant de faire vite…

Grande voie "La Droye-moi-la-toi"
la vue sur notre droite de ce que j’appelle « la face noire du Cancéou » (photo de lespetitsaventuriers.fr) En vrai c’est impressionnant, la falaise parait immense !
vue depuis la grande voie "La Droye-moi-la-toi"
vue sur la mer (photo de lespetitsaventuriers.fr). Nous, l’ambiance ressemblait plus aux photos que l’on retrouve sur cet article, celui de deprovenceetdailleurs.net, au coucher de soleil…

Et le reverso n’est plus là…Mathieu est déjà sérieux depuis quelque temps car il redoute la difficulté pour moi et la fin de journée qui arrive… Je l’appelle (heureusement le relais n’est pas très haut) «  Mathieu ! Mon réverso est tombé dans le vide… »…
Je redoute un peu sa réponse mais il me dit d’une voix calme « c’est pas grave Sandy, monte et on verra ». Je fais que râler, je m’en veux mais y a pas le time, il faut continuer !
La deuxième longueur est plus simple, toujours physique à certains moments mais j’ai vraiment pris plaisir à la faire et à essayer de la comprendre, à me forcer à bien grimper et faire ce que je pouvais. Dès que y a un peu d’opposition je me sens tout de suite mieux. (Elle est un peu plus facile aussi). (J’ai quand même pas enchainé).

noeud de demi-cabestan escalade
à la place du réverso ! un jolie petit noeud Photo prise ICI

 

 

 

 

Je finis donc et on voit avec Mathieu ce qu’on fait pour remplacer le réverso…Il révise un peu son nœud de demi-cabestan pour être sûr (à l’ancienne !), le fait à plusieurs reprises et le voilà à mon mousqueton pour l’assurer en tête. Je m’entraine rapidement, ce n’est pas aussi pratique que le réverso, ça bloque un peu mais ça fera l’affaire.

 

 

 

 

Après on a fait la première 6a en deux longueurs (côtée 6b sur camptocamp j’aime bien le rappeler :p…Ou peut être 6a+ à la rigueur), là j’ai enchainé et j’étais bien, c’était plus de la dalle et fissure, j’étais à l’aise dans ma grimpe, j’ai vraiment pris plaisir sur celle-là.

Grande voie "La Droye-moi-la-toi"
photo de lespetitsaventuriers.fr

On a loupé la dernière longueur en 6a (qui est plus une 6c ? ou 6b ?) parce qu’il faut un peu marcher et elle est après. Nous on était fatigués, il faisait presque nuit, on pensait avoir terminé et je pense qu’on avait aussi l’envie de finir (moi j’aurai bien testé quand même si j’avais su hihi). Elle a l’air sympa il y a un surplomb physique pour finir.
Nous sommes donc passés par un chemin sur le côté droit qui nous amenait au sommet des calanques, non loin de là où on était passé à l’aller. Tout en haut on se pose, on range tout.

C’est finiii :

Ça y est il fait presque nuit. Nous avons toujours une vue incroyable sur la mer, les calanques et…au fond, un halo lumineux étrange et unique se laisse entrevoir. Nous sommes choqués avec Mathieu on n’avait jamais vu ça, on aurait vraiment dit une soucoupe volante ou une apparition extraordinaire. Quelques minutes après, la lune pointe le bout de son nez à ce même emplacement et nous assistons à un surprenant « moonrise »  pour finir cette journée éprouvante.

Et comme tout était presque trop parfait, on retourne au camion et on découvre un mot qui se veut officiel, modifié sur word, montage bizarre qui dit qu’on a pas le droit de dormir là, que le parc national des calanques a pris notre plaque d’immatriculation et que nous allons être verbalisés ou fichés…je sais plus trop, je rigole un peu parce que le papier fait vraiment pas très sérieux (vieux montage et impression). Mais un homme rôde autour du camion et viens nous répéter ce que le papier dit. On lui dit que y a pas de soucis qu’on contestera l’amende qu’on n’était pas là cette nuit. Et là il nous prends la tête je ne sais combien de temps avec des « MOI je suis celui qui gère ici et j’ai décidé de vous bannir du parking, vous ne pouvez plus venir ici, j’ai pris la décision de vous interdire le stationnement parce que c’est MOI ici qui prends les décisions »… On ne comprend pas trop, on le laisse péter un câble, on répond un peu et on part. Quoi qu’on dise je crois qu’il cherchait les problèmes ou à nous intimider.
C’est le problème de Morgiou et de leurs cabanes, les résidents qui font leurs lois pour protéger l’accès et leurs privilèges.

Je rappelle tout de même que le bivouac est interdit dans les calanques. Que y a des gardes et que c’est complètement justifié si ça permet d’éviter les dégradations, incendies etc de ce beau parc.  (Donc pas besoin de « chef ou de représentant de parking à Morgiou » pour agresser les gens plz ! 😒)…

Et voilà ! On rentre en râlant sur la désagréable rencontre finale et le barbecue nous attend à la maison !

 

Merci Mathieu, merci les calanques, merci les ouvreurs, merci mes petits bras 🙂.

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