1ère étape : les cours de dériveur 420

Ça y est, le projet est lancé : voyager avec un voilier. Et peut-être un jour, un tour du monde ? Ça prendra peut-être des années et c’est du temps, de l’organisation, de la formation et surtout de la passion. Alors on commence par cette étape qui a bien débuté avec beaucoup de plaisir.

Se former à la voile :

Pour partir en voilier, même si le permis bateau n’est pas obligatoire, le voilier en lui-même ainsi que la navigation requiert beaucoup de connaissances. Il faut lire le plus possible, apprendre le plus possible et surtout, pratiquer.

Pour cela, il y a de nombreuses possibilités : certains parlent de naviguer avec des amis qui possèdent un voilier, mais encore faut-il en connaître. D’autres de naviguer avec des propriétaires de bateaux qu’on trouve dans les quais, ou faire du bateau-stop. Des stages ou associations existent également.
Il a fallu donc faire des choix pour faire au mieux ; le plus formateur, plus rapide et le moins cher possible (oui y a un bateau à acheter derrière lol).

Selon moi, la meilleure chose à faire quand on débute comme Marine et moi, c’est de prendre tout simplement des cours. Il faut je pense acquérir un minimum de connaissances et apprendre les bases auprès de vrais professionnels avant de partir en voilier habitable avec des propriétaires ou équipes pour se perfectionner et pratiquer.

Plusieurs choix s’offraient donc à nous :

  • Des cours dans des écoles à l’année (encore faut-il être disponible un an), mais c’est l’idéal pour pratiquer.
  • Ou des stages, le choix qu’on a fait.

Mais il reste une question …

Sur quel bateau ?

Habitable ? Catamarans ? Optimiste ? Dériveur ?….etc
Pour l’habitable, c’est souvent des excursions ou stage qui sont assez couteuses et on souhaitait débuter avec un petit bateau qui permet de mieux ressentir ce qui se passe ensuite sur les plus gros.

Beaucoup d’écoles proposent des cours à l’année ou en stage de catamarans, j’en avais déjà fait pour essayer gratuitement au lac de Bordeaux et ça ne m’avait pas paru trop compliquée ni trop emballée (c’était un essai expliqué rapidement aussi… et sans vent…un peu compliqué donc).

Heureusement, en attendant d’acheter la Bible de la voile « le cours des glénans », Marine avait acheté « La voile pour les Nuls » (qui est parfait pour débuter) et le « Manuel Pratique de la Voile » de Steve Sleight (un peu plus technique).

A la lecture et après s’être longuement renseignées sur les forums, nous avons remarqué que tout le monde conseille, pour avoir une meilleure formation et connaissance de la voile, de commencer sur un dériveur. C’est celui qui a le plus de similitude avec les voiliers monocoques habitables que nous souhaitons pour notre projet.

Notre choix s’est donc dirigé sur le dériveur 420 : Vous pouvez être à 2 (voir 3 dedans), ce qui nous a permis avec Marine de commencer à faire fonctionner un bateau ensemble.
Ils sont très très sensibles et permettent donc de tout apprendre et comprendre facilement car chaque geste et chaque manœuvre se fait ressentir, ainsi que la force de l’eau et du vent.

gréage du bateau

Tout ce que vous apprendrez sur un dériveur, vous pourrez le reproduire sur des plus gros voiliers par la suite.

On s’amuse !

trapèze avec le spinnaker (voile qu’on ajoute en vent arrière)

Et l’avantage, c’est que c’est sportif et super drôle : en plus de la difficulté du vent, de l’eau et des voiles, le contrepoids est important chez le dériveur 420 qui dessale (se chavire dans l’eau) si vous ne faites pas les bonnes manœuvres ou pas assez de contrepoids.
Le fait de devoir établir un contrepoids permet également de se familiariser avec l’espace, avec le mât, avec les cordages et de se sentir facilement à l’aise avec le bateau sur lequel vous allez naviguer… Sans bien sûr parler du plaisir que c’est de se lever en trapèze et d’avoir l’impression de voler au- dessus de l’eau

Voile Lacanau Guyenne :

Nous avons donc effectué un stage de dériveur 420 avec Voile Lacanau Guyenne qui est une super école au lac de Lacanau avec des moniteurs très pro, passionnés, gentils, drôles et rassurants.
L’école a eu la gentillesse de s’adapter à notre situation sans quoi nous aurions été bloqués dans notre projet ; saisonniers, nous ne pouvions pas effectuer les stages du lundi au vendredi étant donné que nous travaillions.
Ils ont accepté de nous faire des cours particuliers au prix du stage (car niveau budget on ne pouvait pas se le permettre et on voulait pratiquer un maximum), on a donc pu profiter de 18 heures de pratique. (Stage de 10 heures : 155 euros). Pour en savoir plus, leur site internet.

 

Je remercie énormément l’école de voile qui a tout mis en place pour que nous puissions naviguer cet été 2018 ainsi que Théo, Simon, Aurélien et Clément, tous les moniteurs que nous avons pu avoir. Ils étaient professionnels, passionnés, ont pris le temps de nous former, parfois de nous prendre en photo (merci Clément qui a pris la photo de couverture) et nous ont vraiment transmis leurs savoirs et passion. 

 

Le Stage :

Selon moi un stage de 5 jours peut à peu près suffire pour être formé au dériveur. Dès la 4ème séance (donc après 6 heures de cours) on avait à peu près tout appris et compris

 

CONSEIL 1: il faut lire en amont un guide pour le théorique qui sera très formateur si vous voulez mieux comprendre et profiter de la mise en pratique lors de vos stages : le guide la voile pour les nuls suffit, si vous n’avez pas le temps lisez uniquement le chapitre 4 qui est le plus important pour la compréhension de la navigation et du contrôle de votre bateau. (Nous on aurait pu mieux comprendre dès le début si on aurait lu ce chapitre avant, et donc éviter quelques dessalages je pense). Donc si vous le pouvez, apprenez le fonctionnement théorique du dériveur avant votre stage.

Après évidemment plus on fait de cours mieux c’est.

A la fin du stage, il ne vous reste plus qu’à louer un dériveur et partir à la navigation sans moniteur car maintenant que vous avez les bases, il faut pratiquer, pratiquer, pratiquer 😀

CONSEIL 2 : Si vous vous sentez, essayer de faire au moins un cours durant votre stage avec le spinnaker. C’est une voile qu’on ajoute au bateau quand on navigue en vent arrière. Il faut bien le voir et l’apprendre pour pouvoir l’utiliser seul par la suite et je trouve ça intéressant si vous maitrisez déjà votre bateau.

Et après ?

Et c’est là que nous décidons d’entrer dans le vif du sujet : le voilier habitable.

On a la chance d’avoir la mère d’une amie de ma sœur qui est passionnée de voile nautique et qui possède un voilier. Elle part de temps en temps sur des week-ends autour de la région de la Rochelle ou 3 semaines / un mois vers l’Espagne, le Portugal ou la Bretagne. Grâce à sa gentillesse et sa passion, nous allons pouvoir apprendre à naviguer sur un habitable.  A découvrir dans de prochains articles. 

 

Mon expérience et avis sur le dériveur :

Pour ma part je pense que je ne laisserai pas de côté le dériveur 420 qui m’a complètement charmé. C’est sportif, physique, intéressant, on ressent le voilier : de l’eau sur la barre au vent dans le foc. (voile avant du bateau).
Le bateau permet de comprendre, de naviguer, de jouer avec l’eau, le vent mais aussi avec son propre poids. Il faut bouger, c’est sportif, on a l’impression de voler au-dessus de l’eau quand on est en rappel avec le trapèze (lorsqu’on fait le contrepoids accroché aux cordages du bateau). Hein Marine « oh Sandy c’est trop beau !! On voit la dérive sortir de l’eau! »

On passe par de superbes sensations et par de petites peurs (notamment quand on chavire le bateau et qu’on se retrouve à tomber sur le mât, qu’on se prend la bôme dans la tête, que notre pied glisse du bateau en trapèze et qu’on chute à l’avant du bateau pendu aux cordages, ou qu’on fait des empannages sauvages sans faire exprès (la voile change d’un côté du bateau à l’autre soudainement). Sans oublier quand il faut redresser le bateau qui a chaviré dans l’eau et qu’il nous tombe dessus…

c’est ça de ne pas se mettre face au vent quand on part… (face au vent = arrête le bateau).

Et si vous êtes deux, c’est le moment de partager quelque chose avec votre moitié(e), d’apprendre à faire équipe, à communiquer et à faire marcher les choses ensemble. On apprend ensemble, on se fait confiance car ça ne peut fonctionner qu’à deux. C’est déjà le moyen de tester votre couple si vous avez comme nous le projet de partir tous les deux ou avec votre famille en voilier.

Alors, tenté par le dériveur ?

On est content ! (oui les bleus qu’on a c’est grâce au dériveur haha).

 

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