Anne Frank Huis : le musée qui m’a fait pleurer

Je me rappelais d’un des premiers livres sérieux que j’avais lus par moi-même. J’étais jeune et j’avais énormément entendu parler du Journal d’Anne Frank.
J’avais été marqué par l’histoire de cette fille de 13 ans qui devait avoir un peu plus de mon âge et qui avait réussi à vivre enfermée dans une petite cachette pendant 2 ans de sa vie.

Alors imaginez mon émotion lorsque j’eus l’occasion de découvrir cette cachette…

Pour ceux qui ne la connaisse pas :

Anne Frank est une jeune fille juive née en Allemagne qui fuit son pays avec sa famille en 1933 durant la Seconde Guerre mondiale pour aller à Amsterdam dans le but de fuir les persécutions qui sévissaient envers les Juifs.
Mais Amsterdam est occupé par les Allemands en 1940 et c’est en 1942 qu’ils décident et se voient forcer de se cacher dans une maison annexe, dissimulée dans un local et des bureaux qui abritaient le siège des deux sociétés du père d’Anne.
Ce sont deux familles, les Van Pels, la famille d’Anne Frank et Fritz Pfeffer qui arrivent pendant 2 ans à vivre clandestinement dans cette minuscule maison sans pouvoir sortir, faire du bruit ou voir la lumière. Ils ne doivent pas se faire repérer et c’est grâce à 5 alliés et amis qu’ils arrivent à survivre pendant ces 2 années pour l’apport de nourriture et tout ce dont ils avaient besoin de l’extérieur.

C’est pendant tout ce temps qu’Anne Frank tient un journal racontant leur vie dans l’annexe.

Anne Frank, grâce à son journal, est la représentation d’une vie parmi les 5 693 851 vies juives prises par la Shoah (estimation faite par Martin Gilbert dans son livre « Atlas de la Shoah« ). Sans oublier d’y ajouter les témoins de Jéhovah, tziganes, homosexuel, opposants politiques, les résistants, les prisonniers de guerre russes…etc déportés eux aussi. Elle est la jeune fille qui a laissé la trace et la preuve concrète des conditions de vie des Juifs et de ces crimes.

« Un jour, cette horrible guerre se terminera, un jour, nous pourrons être des êtres humains, et pas seulement des juifs ». Anne Frank

« Cela nous permet de comprendre mieux que toutes les leçons d’histoires que tuer six millions de juifs, c’est tuer un être humain, un être unique, six millions de fois. » Brigitte Lanné, Pierre-François Dupont-Beurier.

 

A voir ou pas ?

Anne Frank Huis Cette photo est fournie gracieusement par TripAdvisor

Je pense que le musée d’Anne Frank est selon moi un incontournable d’Amsterdam pour toute personne désireuse d’en apprendre plus sur ce drame et sur l’histoire d’Anne.

Selon moi le journal d’Anne Frank reste agréable à lire et très intéressant dans le déroulement de la vie d’une jeune fille juive d’à peine 15 ans pendant la guerre et son évolution dans une petite maison.
Mais évidemment il se termine lorsqu’elle n’est plus en mesure de l’écrire et que sa famille est finalement découverte, mystérieusement dénoncée en 1944. Les 8 personnes qui se cachaient dans l’Annexe sont donc déportées et décèdent tous sauf le père d’Anne.

Notre histoire qu’on lit en suivant ce personnage réel et attachant se termine brusquement, sans suite, sans fin.
C’est uniquement quelques lignes en italique qui nous explique ce qui est arrivé et comment la vie d’Anne finira. On apprend ce que les personnages deviennent, en quelques phrases. Ce livre de 352 pages qu’on a lu pendant plusieurs jours se termine ainsi…

Camp de concentration Bergen-Belsen (camp où Anne et sa soeur Margot décèdent en 1944), Allemagne (Photo prise sur www.annefrankguide.net)

La visite du musée d’Anne Frank permet selon de moi de créer une suite à ce journal, mais aussi un début. D’en apprendre plus sur elle et sur sa famille.
Elle permet de voir les choses plus uniquement à travers son regard mais à travers de nombreux autres regards : les gens qui les ont aidés, son père, le nôtre mais également à travers tous les gens qui ont croisé le chemin d’Anne.
Déchirants, nous ne sommes plus protégés par la fin brutale de ce livre qui nous laisse le cœur lourd comme si nous avions perdu Anne en suspense à la fin de ce journal. On continue un petit peu à la suivre jusqu’à ce que ça ne soit plus possible. On en apprend donc plus, ou trop ?  De nombreux témoignages, de nombreux discours…On marche sur le sol en tant que touriste où ils ont marché en tant que réfugiés et clandestins.

Tourisme noir ou devoir de mémoire? Plutôt une envie d’illustrer et de concrétiser ce que ma pensée s’était imaginée à travers les écrits d’Anne, une envie de découvrir et d’en savoir plus sur l’histoire et sur son histoire qui, grâce à son journal, lui a permis de représenter toutes les victimes de la Shoah et de marquer le 20ème siècle.

La visite du musée était pour moi une marche silencieuse pas seulement pour Anne mais pour toutes les vies détruites injustement par le génocide.

Musée d’Anne Frank (photo prise sur Sofitel)

Je le recommanderai certainement même si la visite de sa maison m’a perturbé et peut amener à beaucoup de questionnements. Cela reste du tourisme noir et je me demande s’il est vraiment nécessaire de rechercher à vivre et à marcher « sur les pas d’Anne » pour se permettre de ressentir, de vivre et de comprendre ce que les juifs vivaient à cette période. N’est-ce pas une sorte de violation d’intimité ? Le fait que ce lieu devienne une attraction touristique et le fait de visiter ainsi la chambre d’une petite fille morte dans ces conditions m’a perturbé. Même si c’est grâce à cela que l’Annexe a été conservée et que son père y a contribué.

Je pense que son livre reste la meilleure façon de ressentir ce qui s’est passé, la visite de sa maison est ici pour un effet de « choc réel » (oui on peut vraiment parler de « choc »…) mais aussi pour se rendre compte différemment de la gravité de la chose et des conditions de vie dont ils devaient faire face…

Informations :

Comme tout ce qu’il y a à voir Amsterdam, vous pouvez vous y rendre à pied (ou à vélo !) Le musée est situé juste ici :

– Réserver son billet :

Ce qu’il faut absolument savoir c’est que 1 million de personnes visitent la maison d’Anne Frank chaque année et il est donc très important de venir en avance ou surtout de réserver et payer ses billets en ligne. Nous on a eu de la chance, on était à Amsterdam en hiver et ça nous a tout de même valu au moins 1h d’attente ! En Juillet-Août il paraît que c’est totalement impossible et que la file est énorme même avec les tickets donc surtout n’hésitez pas à les prendre à l’avance juste ICI.
Pour comprendre un peu cela, je pense que c’est dû au nombre de visiteurs qui veulent se rendre au musée mais également car le musée restreint le nombre de personnes dans la maison. Je pense que c’est vraiment une bonne chose pour qu’on ne soit pas tous écrasés les uns les autres et qu’on ne perde pas totalement l’atmosphère et l’ambiance de la visite.

– Horaires et tarifs :

Retrouvez sur cette même page les horaires d’ouverture du musée et les tarifs :

  • 10 euros pour les adultes
  • 5 euros pour les 10-17 ans
  • gratuit pour les 0 – 9 ans

– A savoir :

  • Les photos sont interdites dans l’enceinte du musée, ce n’est pas dérangeant car le musée d’Anne Franck n’est pas à admirer mais à vivre et surtout ressentir.
  • L’Annexe a failli être démolie après la guerre mais c’est grâce aux citoyens d’Amsterdam et le père d’Anne Frank ainsi que la création de la Fondation d’Anne Frank qu’elle est sauvegardée et que le musée voit le jour.
  • Le site officiel du musée pour en savoir plus. Avec notamment l’article sur l’histoire du musée.
  • Vous n’êtes pas obligé de lire son livre pour faire le musée car tout est bien expliqué et raconté de A à Z. Un petit guide est fourni à l’entrée, dans toutes les langues ainsi qu’un casque audio
  • L’Annexe est difficilement accessible pour les personnes a mobilité réduite car il faut gravir les escaliers raides et étroit. La deuxième partie du musée (espace multimédia, cafétéria et librairie) est accessible pour les fauteuils roulants.

 

La visite du musée :

Je ne présente le musée que brièvement avec le moins de photo possible car le mieux est de le découvrir par soi-même sur place…

Un peu d’histoire :

Découvrez dans le musée des films de la 2nd guerre mondiale et des informations afin de mettre en relation l’histoire d’Anne Frank, l’écriture du journal et la montée au pouvoir d’Hitler avec l’occupation Allemande.

Les bureaux et alliés :

prise sur annefrank.org

Miep Gies, Johannes Kleiman, Victor Kugler, Bep Voskuijl et Jan Gies ; on n’en entend pas beaucoup parler, mais ils étaient bien là, ils risquaient leurs vies pour sauver les deux familles et c’est grâce à eux qu’ils ont pu se cacher pendant 2 ans. La première partie se passe bien sûr dans les bureaux qui abritaient l’annexe. Une présentation de l’entreprise et des protecteurs.

Tous les travailleurs n’étaient pas au courant de la présence de la cachette et de la famille c’est pour cette raison que les clandestins devaient faire preuve de calme et vivaient dans le silence toute la journée.

 

L’Annexe secrète :

Le musée d’Amsterdam nous offre la possibilité de nous faire découvrir l’Annexe. Poussez la porte de la bibliothèque qui faisait office d’entrée et découvrez ce qui a été son monde pendant 2 ans, avec émotions et désarroi, impuissance, frustration et colère :

Vous marchez sur ses pas, découvrez les minuscules pièces, une maquette qui montre une vue d’ensemble avec l’aménagement qu’il y avait dans l’Annexe. Elle fut vidée après leur arrestation et c’était un choix du père d’Anne de ne pas créer de reconstitution et de les laisser vide en souvenirs et en mémoire du vide qu’à laisser la mort des habitants.

 

L’annexe a le plus possible été conservée grâce à des rénovations pour préserver les tapisseries et les photos.  (Pour en savoir plus sur la conservation et la rénovation de l’Annexe allez voir cette page qui en parle sur le site officiel du musée).

« Avec ses murs vides, notre petite chambre faisait très nue. Grâce à Papa, qui avait emporté à l’avance toute ma collection de cartes postales et de photos de stars de cinéma, j’ai pu enduire tout le mur avec un pinceau et de la colle et faire de la chambre une gigantesque image. » Anne Frank.

Passez à côté de tout ce qu’elle décrivait dans son journal, tel que ses photos de stars sur les murs, les traits qui servaient à mesurer la croissance des enfants ou les fenêtres calfeutrées par des draps noirs pour ne pas être vu par les maisons des alentours. Tout est réel et authentique…

 

Le Journal d’Anne Frank :

Une autre partie du musée est évidemment sur son journal, sur Anne Frank, son succès et ses rêves.

Retrouvez le fameux Journal à carreau d’Anne Frank, celui qui lui avait été offert pour  son 13ème anniversaire. II est rapidement rempli et c’est sur de nombreux autres cahiers qu’Anne Frank commence à écrire. Sans oublier son « Livre de belles phrases » qui rassemblaient toutes les citations qui lui tenaient à cœur ainsi que le cahier où elle écrivait ses propres contes.

« Je veux continuer à vivre, même après ma mort ! » Anne Frank

Elle rêvait de publier son journal et c’est ce qui a été fait. En 1944 elle apprend que les journaux écrits durant la guerre seraient rassemblés et décide de réécrire son journal au propre, souhaitant devenir une grande écrivain.

Il faut savoir qu’en 2009, les écrits d’Anne Franck sont classés à la liste du Patrimoine documentaire mondial de l’UNESCO.
Le journal d’Anne Franck est traduit en 70 langues.

 

Les témoignages :

De nombreux témoignages sont très durs à entendre…

Notamment et particulièrement celui d’une camarade de classe d’Anne qui s’était retrouvée dans le camp d’à côté lors de la déportation d’Anne à Bergen-Belsen. Elle raconte qu’Anne savait que sa mère et sa sœur était morte et pensait que son père également… Elle était dans un camp où les conditions de vies étaient très mauvaises, c’est d’ailleurs ce qui lui a coûté la vie étant donné qu’elle est morte comme sa sœur du Typhus.

Mais c’est le discours de son père qui finalement apprenait à connaître sa fille d’une nouvelle façon à travers son journal qui m’a fait décrocher les larmes que je retenais déjà avec difficultés.

 

Réflexions sur Anne Frank :

Pour finir, une partie appelée « Réflexions sur Anne Frank » nous fait découvrir ce qu’Anne a signifié pour de nombreuses personnes ; visiteurs du musée, auteurs, acteurs… etc.
Très intéressant de découvrir le ressenti et la perception de nous tous, car vous pouvez également écrire un mot.

 

Expositions temporaires :

De nombreuses expositions temporaires trouvent leurs places dans le musée. Voici toutes celles qui ont pu voir le jour entre les murs du musée.

 

Voilà, la maison d’Anne Frank m’a donné une très bonne impression de respect et de mémoire de la Shoah. Visite choc à effectuer dans le respect pour la mémoire d’une artiste partie trop tôt

La meilleure façon restera tout de même de lire son Journal.

 

 

« La chose importante à garder en tête, est qu’il ne faut jamais attendre une minute pour commencer à changer le monde ». Anne Frank

Et vous, que pensez-vous du musée ?

 

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